Il y a exactement cent ans, avait lieu le XXIe Congrès Eucharistique international de Montréal qui a eu un retentissement mondial. Entre le 3 et le 11 septembre 1910, la ville accueille dans un faste inégalé à ce jour, un nombre considérable de visiteurs, aussi bien religieux que laïques venus du monde entier pour assister aux nombreuses réceptions et cérémonies toutes plus somptueuses et courues les unes que les autres. Elles ont lieu à la Cathédrale, aux églises Notre-Dame et Saint-Patrick, à l’Hôtel de ville; ou encore dans les grandes salles du centre-ville comme le Monument National, le Windsor, l’Aréna de Montréal et l’Université Laval sur la rue Saint-Denis. Mais certaines débordent sur le Plateau dont les rassemblements des prêtres, la messe pontificale, ainsi que la grande procession de clôture à travers ses rues.
C’est le premier événement du genre à se tenir en Amérique après avoir été créé en 1881 sous le pontificat de Léon XIII, dans le but de lutter contre la laïcisation grandissante qui menaçait l’Église et la religion, et afin de permettre aux fidèles de se réunir pour manifester leur foi. Mgr Bruchési l’a obtenu en invoquant que Montréal est alors la plus grande ville catholique d’Amérique.
Le comité organisateur formé de prêtres du diocèse et de laïcs en vue, a son secrétariat général chez les Pères du Saint-Sacrement, avenue Mont-Royal. Son responsable, le Père Pelletier, est le supérieur du Monastère où auront lieu les grands rassemblements de prêtres. L’un des comités voit à l’accueil et au logement des visiteurs qui seront hébergés dans les différentes communautés de Montréal. Signalons que pour sa part, le Pensionnat Saint-Basile en face du Monastère du Saint-Sacrement, reçoit des États-Unis, Mgr Bertin, évêque de Manchester et deux de ses compagnons ainsi que le Père Walden de la Nouvelle-Orléans. S’ajouteront à eux vingt autres prêtres venus du Québec.
Rien n’est négligé pour que la ville soit belle. Toute la population catholique participe aux préparatifs et même les Dames de la Fédération Saint-Jean-Baptiste organisent des séances de couture pour confectionner le linge d’autel nécessaire à des offices en surnombre.
Le navire qui transporte le légat du pape, le cardinal Vannutelli est escorté sur les deux rives du Saint-Laurent par la population en liesse. Il est accueilli en grande pompe à Québec comme à Trois-Rivières et il fait son entrée à Montréal le samedi 3 septembre. Une foule compacte l’attend dans le port sous une pluie torrentielle avec comme conséquence, que le kiosque qui lui est destiné ne sert pas. Ce dernier sera déménagé par la suite au parc Lafontaine où il sera baptisé le Kiosque Vannutelli. Le maire Guerin l’accueille au son de toutes les cloches de la ville et des sirènes des bateaux du port. Une réception suit à l’hôtel de ville où on lui a dressé un trône magnifique dans la salle du Conseil décorée d’une profusion de plantes.
Le lendemain, dimanche, les ouvrières et les ouvriers de la ville se réunissent à l’église Notre-Dame respectivement en après-midi et en soirée. La foule y est si considérable qu’on y est debout dans les allées, sur les sièges des bancs, les dossiers, dans les chapelles latérales, partout. Après plusieurs jours de festivités préliminaires, le Congrès est enfin ouvert officiellement le 6 septembre dans une cathédrale ornée de fleurs, pavoisée d’oriflammes et de banderoles, étincelante de mille feux. Seul hic, même si le chœur brille de la présence de trois cardinaux, cent vingt-cinq évêques et prélats, la nef de la cathédrale est à moitié vide, la foule étant à l’extérieur parce qu’il faut avoir un billet d’entrée pour y pénétrer. On a été trop parcimonieux. On corrige la situation au milieu de la cérémonie en faisant entrer une partie de la foule
Le mercredi midi, 7 septembre, est marqué par un grand dîner offert à l’hôtel Windsor, à plus de 400 convives par Sir Lomer Gouin, le premier ministre du Québec. Le soir, au même endroit, le gouvernement fédéral reçoit à son tour. Dès neuf heures, les salons et les corridors de l’immense édifice sont envahis par une foule de quatre à cinq mille personnes. On y voit des soutanes et des redingotes, des militaires et des civils, des dames en grande toilette et des consuls en brillants uniforme. La réception est suivie d’une messe de minuit grandiose à l’église Notre-Dame.
Les trois jours suivants sont consacrés à des journées d’études pour les différents groupes francophones et anglophones qui ont des réunions séparées malgré que certains sermons ou discours sont prononcés en anglais chez les francophones. La logistique demande beaucoup de doigté. Des frictions s’évitent de justesse, car le curé McShane de Saint-Patrick n’est pas particulièrement francophile. Il veut organiser un banquet spécial pour les évêques anglophones. Mgr Bruchési l’en empêche :  » Nous organiserons un banquet pour tous les évêques, et je présiderai avec le délégué apostolique…  » Le maire Guerin, né en Irlande, a fait hisser le drapeau de son pays d’origine à la place d’honneur à gauche du drapeau anglais et du drapeau papal sur l’hôtel de ville. Le drapeau fleurdelisé est relégué à la tour arrière malgré les plaintes des citoyens. Mais la solennité de ces journées les apaise.
Le jeudi est consacré aux communautés religieuses dont les représentants sont invités à un grand rendez-vous à la cathédrale. Mentionnons également parmi les réunions spéciales de cette journée, celle des dames à l’université Laval, rue Saint-Denis où Madame Béïque, présidente de la Fédération Saint-Jean-Baptiste, parle de l’apostolat des femmes au foyer et Madame Gérin-Lajoie, au nom de celles que le devoir maternel retient au foyer, et que des obstacles presque insurmontables empêchent d’entendre cet appel de l’Église… L’assistance est si grande qu’on refuse l’entrée à nombre de femmes, à des journalistes et même à un conférencier.
Le Snctuaire des Pères du Saint Sacrement qui est choisi par le comité pour y faire l’exposition officielle du T.S. Sacrement pendant le Congrès, est aussi l’hôte des trois journées sacerdotales qui sont ouvertes par le légat papal. Dans La Patrie, on peut lire :  » L’église et le couvent avaient été magnifiquement décorés, un arc de triomphe monumental parsemé de lampes électriques avait été dressé devant le portique de l’église. On remarque au centre un ostensoir de 18 pieds de hauteur; de chaque côté 2 anges adorateurs l’encensoir à la main, le tout encadré de verdure et de fleurs.  » À l’intérieur  » …ce qui frappe tout d’abord, c’est un trône monumental surmonté d’un riche manteau royal ruisselant de lumières et de fleurs.  »  » …c’est dans ce véritable palais royal que le Cardinal Légat fait son entrée solennelle « . Deux heures à l’avance, une foule de plus de 15 000 personnes s’est massée aux abords de l’église et dans les rues adjacentes si bien que la circulation des tramways et des voitures est interrompue sur l’avenue Mont-Royal pendant plus d’une heure. Dès que les cloches annoncent l’approche de la voiture cardinalice ce sont des acclamations formidables, qui redoublent d’intensité et ne cessent qu’après l’arrivée du cardinal.  » Plus de 2000 prêtres, 27 évêques et prélats l’attendent à l’intérieur. En quittant le sanctuaire, le légat se rend en face, au Pensionnat Saint-Basile en compagnie de Mgr Bruchési. Son Éminence se retire après avoir accordé aux élèves un grand congé papal. Le soir, une grande réception est offerte à l’hôtel de ville où plus de 20 000 personnes défilent rapidement et dans un ordre parfait devant le légat et sa suite.

Le vendredi matin, la messe pontificale qui devait avoir lieu au reposoir du parc Jeanne Mance est remise au lendemain à cause de la pluie. Ce qui n’a pas empêché plus de 50 000 personnes de s’y rendre et d’attendre longuement avant de se disperser. Le soleil est revenu un peu plus tard dans la journée quand a lieu l’impressionnant hommage des enfants de Montréal au légat papal. De 25 à 30 000 élèves provenant des écoles, couvents et collèges de la ville défilent devant la cathédrale. Les filles en blanc sont accompagnées par des religieuses, tandis que les garçons portant drapeaux, le sont de leurs professeurs. Une foule tout aussi nombreuse assiste à l’événement.

Le samedi matin, sous un soleil radieux, a lieu la messe pontificale. On peut lire dans La Patrie :  » À huit heures, au parc Mance la foule se masse (on l’estime de 150 à 200 000 fidèles) en face du reposoir superbe sur ses colonnes élancées, enveloppées de rouge et d’or. Tout autour de l’autel une décoration florale magnifique, soixante évêques, deux mille prêtres, une maîtrise puissante de trois cents voix. Tout près, un carillon de cinq cloches installé la veille, annonce le commencement de la cérémonie.  » Pendant ce temps, regroupant les catholiques de langue anglaise, a lieu à l’église Saint-Patrick, une cérémonie fastueuse accompagnée d’une procession dans les rues des alentours.
En après-midi, le rassemblement des jeunes hommes de l’ACJC (Association catholique de la jeunesse canadienne-française) est lui aussi mémorable. Dès une heure, ils arrivent de toutes les parties de la ville et convergent vers la cathédrale. Ils défilent par groupe, accompagnés de leurs bannières et de leurs drapeaux, rythmant leur marche de chants pleins d’entrain. À deux heures, environ 25 000 jeunes entourés d’une foule immense de spectateurs, vibrent à l’unisson. Le cardinal légat et l’archevêque de Montréal, se joignent à leur cortège qui se dirige vers l’Aréna de Montréal. Et c’est là que pour l’une des premières fois en public, puisque la campagne date de peu, on parle de Dollard des Ormeaux comme d’un héros pour les jeunes francophones du pays. Mgr Langevin, évêque de Saint-Boniface, prend la parole après le légat et il est acclamé. Depuis des années, il défend ardemment l’usage de la langue française dans la pratique de la religion catholique dans sa province et il a le soutien du Québec. Il demande et obtient du légat papal la bénédiction du drapeau bleu à croix blanche appelé Carillon-Sacré-Cœur, au grand déplaisir de Mgr Bruchési et de Wilfrid Laurier qui y voient un emblème séparatiste. Un grand rassemblement des hommes a lieu tout juste après, au Monument National.
Le samedi en soirée, à l’église Notre-Dame, a lieu une séance générale où plusieurs orateurs se succèdent dont Sir Wilfrid Laurier, le premier ministre du Canada, Sir Lomer Gouin, premier ministre du Québec et Mgr Bourne, archevêque de Westminster. C’est là qu’après eux, Henri Bourassa, qui a fondé le Devoir quelques mois plus tôt, fait sa réponse profondément nationaliste à Mgr Bourne qui vient de préconiser l’usage de la langue anglaise pour toute l’Église canadienne. L’audience à majorité de langue française est bouleversée. Quand vient son tour de prendre la parole, Bourassa remet le texte qu’il a préparé dans sa poche et il improvise le discours remarquable connu depuis sous le vocable de La langue gardienne de la foi qui est passé à la postérité. Quand il termine, le cardinal Vannutelli vient lui serrer la main, la foule l’acclame, agite des mouchoirs, des drapeaux, des évêques tapent du pied. On s’embrasse dans l’église et sur le parvis, on rit, on chante. Il est minuit passé et la foule tarde à se disperser.
Le dimanche 11 septembre, le ciel est bleu azur. Tout de suite après la messe pontificale à la cathédrale et une messe basse célébrée dans chacune des églises de la ville où des évêques présents au Congrès sont allés prononcer l’homélie, la grande procession qui demeure encore l’événement le plus imposant de toutes ces journées et qui restera à jamais mémorable, s’est mise en place dans les rues entourant l’église Notre-Dame, jusqu’à la rue McGill. Depuis onze heures, les différentes délégations, associations, regroupements religieux ou professionnels venus de partout, affluent vers leur place assignée créant une mer de bannières et de drapeaux qui volent au vent. Plus de dix milles ecclésiastiques, archevêques, évêques, prélats, prêtres et religieux d’Amérique, d’Afrique ou d’Europe, se rassemblent. Seules, autres temps, autres mœurs, les femmes sont complètement reléguées au rang de spectatrices. Et leur immense soutien à l’organisation du Congrès est passé sous silence.
Les spectateurs sont déjà installés dans les estrades. Le matin même, en provenance entre autres du Québec, des Maritimes, de l’Ontario, des États-Unis, particulièrement de la Nouvelle-Angleterre, cent quinze trains et de nombreux bateaux ont déversé plus de 400 000 visiteurs dans la ville. Ils s’ajoutent aux milliers qui sont déjà arrivés et à la population de Montréal qui s’élève alors à 470 000. On peut ainsi facilement en déduire que la population de la ville a plus que doublé pendant ces heures.
À 13h, le long cortège qu’on estimera à 75 000 personnes, se met en branle une heure plus tôt que prévu à cause de l’affluence et il est précédé à cheval par le chef de police et ses hommes qui sont suivis par les pompiers. Quatre cents des cinq cents policiers de la ville assurent un service d’ordre exceptionnel malgré le grand nombre de spectateurs car un seul incident est rapporté rue Saint-Hubert où sous la poussée des spectateurs qui veulent mieux voir, le passage s’est refermé pour près d’une demi-heure. Les rues du parcours sont jalonnées de dix arches dont certaines offertes par les Acadiens, les Manitobains et les Franco-Américains, et sont balisées de quatre cents pylônes blancs ornés de guirlandes de verdure et portant au sommet de longues bannières flottant au vent. Les maisons sont décorées de festons de cèdre, de pin et de lauriers, les fenêtres sont ornées, leurs façades disparaissent sous les draperies, drapeaux et oriflammes. Le drapeau Carillon-Sacré-Coeur resplendit partout au milieu des couleurs pontificales, françaises et anglaises. Une guirlande ininterrompue de fleurs constellée d’ampoules électriques relie les pylônes entre eux.
Plusieurs fanfares et des chœurs sont insérés dans le cortège à intervalles réguliers et parmi eux, les renommés choeurs de Notre-Dame et de Saint-Louis de France qui suivent le dais de très près. D’autres chorales agrémentent des endroits stratégiques sur le parcours, dont celle fort appréciée formée d’une douzaine de Sœurs de la Providence de l’école des Sourdes et Muettes, au coin des rues Cherrier et Saint-Denis. Pas un espace qui ne soit occupé : les escaliers, les balcons (certains sont loués à fort prix – jusqu’à 25$ pour loger cinq personnes), les fenêtres, les toits, les arbres, les poteaux de télégraphe. D’immenses estrades sont dressées au coin des rues Saint-Hubert et Demontigny, devant l’église Saint-Louis de France et de l’Esplanade et Rachel. Les spectateurs sont debout en bordure des rues sur trois à huit rangées, parfois plus. Il est même étonnant qu’on ne déplore pas d’accident. Le Journal La Patrie estime à 800 000 personnes massées sur le parcours et la Presse un peu moins.
Le cardinal Vannutelli portant l’ostensoir, quitte l’église Notre-Dame vers 4h15, escorté par le 65e régiment qui tient tant à cœur aux Canadiens Français. Il a fallu bien des démarches en haut lieu pour que ce régiment soit du cortège, puisque sa constitution l’empêche normalement de participer à des événements d’ordre religieux. Ce n’est qu’à cinq heures que les derniers groupes gagnent le défilé. Après le passage de la procession, la foule se déplace en direction du pied de la montagne.
Une demi-heure avant l’arrivée du Saint-Sacrement au parc Jeanne-Mance, le soleil qui est déjà couché, fait rougeoyer le ciel pendant plusieurs minutes. Soudain, à six heures trente, au pied de la montagne maintenant dans l’ombre et sous le croissant de la lune, la coupole de l’immense reposoir de plus de cent pieds de hauteur s’illumine de mille feux ainsi que les croix au sommet des clochers des églises, les trente chœurs de chant regroupant plus de huit cents chanteurs, des clairons et une fanfare font entendre des hymnes. Mais il faut encore attendre jusqu’à 7h15 pour que le légat n’apparaisse. Dès que le dais est en vue, les cloches des églises s’ébranlent, des feux d’artifice éclatent sur le clocher de l’église Saint-Jacques et des canons tonnent sur la montagne. Le spectacle est féerique. Le légat brandit l’ostensoir pour bénir la foule et la ville, et il lance une longue suite de vivats auxquels répondent les spectateurs avec ferveur. Un grand silence émouvant suit et Mgr Bruchési y va ensuite de quelques vivats bien sentis à Dieu, au pape et au légat. La foule termine en lançant :  » Vive Mgr Bruchési ! « . Quelques instants plus tard, pendant que la foule se disperse, le cardinal légat dirige son imposant cortège d’évêques vers la chapelle de l’Hôtel-Dieu où l’adoration du Saint-Sacrement se poursuivra tout au long de la nuit.
Pendant ce temps, toute la ville s’est illuminée et les visiteurs se régalent en se promenant lentement dans les rues. Même le légat déclare aux membres de sa suite qui visitent avec lui le centre-ville, qu’il n’a jamais rien vu de plus grandiose. Les rues Notre-Dame, Sainte-Catherine, Sherbrooke, Ontario, Cherrier et l’avenue du Parc entre autres, rivalisent par un déluge de lumières, ainsi que les églises et les édifices conventuels.On mentionne particulièrement dans le Plateau, celle de l’église Saint-Enfant-Jésus du Mile-End et le collège des Frères de Saint-Viateur. Et on peut lire dans La Patrie du lendemain :  » C’est peut-être dans la partie nord-est de la ville qu’on a pu remarquer hier soir, les plus somptueuses illuminations. La rue Sherbrooke, de Saint-Denis à Saint-Hubert, était un véritable foyer féerique, puis la rue Saint-Hubert jusqu’à la rue Roy, était aussi fort belle. Sur la rue Christophe-Colomb, de la rue Rachel à la rue Mont-Royal, les illuminations étaient moins somptueuses, mais combien plus nombreuses, il y en avait à presque toutes les portes et fenêtres et le coup d’œil étaient des plus jolis. Rue Mont-Royal, de la rue Saint-Denis à la rue Delorimier, il y avait aussi des motifs lumineux d’une grande originalité. Sur la rue Delorimier, les lanternes vénitiennes l’emportaient sur l’électricité, mais il y en avait tout un fouillis. Tout le long de la rue du Parc Lafontaine, il y avait une multitude de lumières qui vues du parc, offraient le coup d’œil le plus féerique « .
C’est sur cette note éblouissante que se termine ce XXIème Congrès Eucharistique international de Montréal. Jamais n’a-t-on vu pareille ferveur, pareil enthousiasme, ni pareil décor. Le service d’ordre a été parfait, on ne déplore aucun incident fâcheux, aucune arrestation. On mentionne deux décennies plus tard, que Georges Farah-Lajoie un policier de la ville, a déjoué un attentat visant à détruire le reposoir de la montagne, mais les journaux de septembre 1910 sont muets à ce sujet. Planifié avec une très grande rigueur qui ne laissait que très peu d’initiative aux participants, il a quand même été possible pour les citoyens francophones minoritaires en Amérique et respectueux du contexte religieux, de prendre la parole et de s’imposer.

Notes

Parc Mance – L’appellation de  » Parc Jeanne-Mance  » n’a été officialisée par la ville de Montréal qu’en 1990. En effet, lors du XXIe Congrès eucharistique un mouvement s’est dessiné dans la population à cause de la proximité du reposoir avec l’Hôtel-Dieu fondé par Jeanne-Mance pour que le nom de Fletcher Field soit changé en celui de Parc Jeanne Mance. Ce mouvement était appuyé par une campagne dans les journaux. C’est ainsi que dans les articles concernant le Congrès, on utilise rarement le nom de Fletcher’s Field, mais plutôt Mance et Jeanne-Mance et que ce dernier nom officieux lui a été prêté pendant 80 ans. Source : Les rues de Montréal, Répertoire historique 1995, Editions du Méridien.

Dollard des Ormeaux – Une souscription est en cours à ce moment-là pour lui consacrer un monument qui ne sera réalisé qu’en 1920 au parc Lafontaine
Carillon-Sacré-Coeur – Drapeau adopté en 1903 comme celui des Canadiens-Français.


Commentaire

Le Congrès Eucharistique international de Montréal en 1910 — Un commentaire

  1. Notes complémentaires
    Henri Bourassa a participé activement à ce congrès. Comme le mentionne précédemment si bien Huguette Loubert, c’est durant cet événement majeur, à l’église Notre-Dame, lors de la séance de clôture du congrès eucharisitique que Bourassa a servi sa célèbre réplique à Mgr Francis Bourne, évêque de Westminster.
    Celui-ci réclame l’utilisation de la langue anglaise par les catholiques du Canada et des États-Unis.
    C’est Henri Bourassa, leader des nationalistes au Canada français, qui lui donne la réplique, mettant l’emphase sur l’importance du travail effectué par les catholiques de langue française en Amérique. Bourassa déclare entre autres : « Je ne veux pas par un nationalisme étroit dire ce qui serait le contraire de ma pensée, et ne dites pas, mes frères, ne dites pas, mes compatriotes, que l’Église catholique doit être française au Canada; non; mais dites avec moi que la meilleure sauvegarde de la conservation de la foi chez trois millions de catholiques d’Amérique, qui furent les premiers apôtres de la chrétienneté en Amérique, que la meilleure garantie de cette foi est la conservation de l’idiome dans lequel, pendant trois cents ans, ils ont adoré le Christ. » Puis, il conclut : « …que l’on se garde avec soin d’éteindre ce foyer intense de lumière, qui éclaire tout un continent depuis trois siècles (…) Mais, dira-t-on, vous n’êtes qu’une poignée, vous êtes fatalement destinés à disparaître; pourquoi vous obstiner dans la lutte? Nous ne sommes qu’une poignée, c’est vrai; mais à l’école du Christ, je n’ai pas appris à compter le droit et les forces morales d’après le nombre et les richesses. Nous ne sommes qu’une poignée; mais nous comptons pour ce que nous sommes, et nous avons droit de vivre […]. »
    Si vous voulez lire le discours en entier de Henri Bourassa et de Mgr Bourne, cliquez sur ces liens.

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