rue FRONTENAC
Origine
Anciennement
date inconnue
 
Données historiques
Louis de Buade, comte de Palluau et de Frontenac (1620-1698), major général des armées du roi, et gouverneur général de la Nouvelle-France de 1672 à 1682 et de 1689 à 1698.
Source : LA VILLE DE MONTRÉAL. Les rues de Montréal-Répertoire historique. Montréal, Méridien, 1995, 547 p

Description sommaire de la voie
Seul un tronçon de la rue est inclus dans l'arrondissement du Plateau. Ce tronçon est surtout bordé d'immeubles industriels.
Source : LA VILLE DE MONTRÉAL. Les rues de Montréal-Répertoire historique. Montréal, Méridien, 1995, 547 p
Origine d'un grand défenseur de la Nouvelle-France contre les Iroquois et les Anglais, Louis de Buade, comte de Frontenac et de Palluau (1622-1698)
Les Buade de Frontenac appartenaient à une vieille famille de la noblesse d'armes, connue en Périgord depuis la fin du XIIIe siècle. Ils tenaient le titre de Frontenac d'un fief situé en Guyenne.
Antoine de Buade, grand-père de Frontenac, très jeune, il fut au service d'Henri de Navarre, futur roi de France. Il a été son écuyer personnel et son premier maître d'hôtel. En 1594, il est nommé capitaine des châteaux de Saint-Germain-en-Laye, Saint-James et la Muette. Il négocie le mariage d'Henri IV avec Marie de Médicis. En 1607, le fief de Palluau est érigé en baronnie et en comté en 1622. En 1583, il épousa Anne de Roque- Secondat. De leur mariage naquirent une fille, Jeanne de Buade, religieuse à Poissy et deux fils, Roger de Buade, abbé d'Obazine et Henri de Buade.
Henri de Buade, père de Frontenac, fut colonel au régiment de Navarre. Il faisait partie de l'entourage de Louis XIII. En 1613, il épousa Anne Phélypeaux. De leur mariage naquirent un seul fils, Louis de Buade et deux filles, Henriette-Marie de Buade et Anne de Buade. Henri de Buade est tué en 1622, lors d'une campagne militaire, à l'âge de vingt-huit ans.
Louis de Buade de Frontenac a été d'abord compte, soldat puis gouverneur général de la Nouvelle-France. Surtout reconnu comme l'architecte de l'expansion française en Amérique du Nord et comme le défenseur de la Nouvelle-France contre les attaques de la Confédération iroquoise et des colonies anglaises.
Quelques dates marquantes de sa biographie
Voici son histoire contée par plusieurs historiens, auteurs, ou autres mais qui ne fait pas l'unanimité de tous.
En mai 1622 : naquit Louis de Buade, comte de Frontenac et de Palluau, au château de Saint-Germain-en-Laye (banlieue parisienne). Il est né après la mort de son père. Il est baptisé en juillet 1623 et Louis XIII est son parrain.
En 1639 : à l'âge de 17 ans, il entre dans l'armée française et devient capitaine.
En 1643 : à l'âge de 21 ans, il reçut le brevet de maître de camp au régiment de Normandie. Il participe à plusieurs campagnes de la guerre de Trente Ans.
En 1646 : lors de la bataille d'Orbetello, il y est blessé au bras et ne s'en remettra jamais. En récompense, on le nomma maréchal de camp, grade équivalent à celui de général de brigade.
En octobre 1648 : Frontenac épouse secrètement Anne de la Grange-Trianon, fille du seigneur de Trianon et de Neufville, riche maître des requêtes. Elle sera célèbre pour sa beauté physique (son portrait se trouve à Versailles), son tempérament fougueux et un esprit vif et mordant. Anne devait hériter à sa majorité d'une fortune considérable, léguée par sa mère. Mais comme son père n'approuvait pas ce mariage, lorsqu'il apprit que celui-ci avait eu lieu clandestinement, il déshérita sa fille et, grâce à des moyens légaux, il parvint à lui soustraire l'héritage de sa mère.
En mai 1650 : le couple donne naissance à François-Louis de Buade , seul enfant du couple. François de Buade a été tué en 1672 en combattant les Hollandais à la tête d'un régiment au service de l'évêque de Munster.
Quand Frontenac n'était pas en service, il résidait à la cour du roi. Il y menait une vie très extravagante et accumula une quantité considérable de dettes.
En 1653 : Frontenac doit vendre ou abandonner la charge de colonel car il a trop de dettes.
En 1664 : il s'engagea par voie juridique à rembourser une partie de ses dettes en quatre ans. Mais il ne fit aucun effort pour s'acquitter de cette obligation. Il réussit à échapper à ses créanciers en acceptant d'aller combattre contre les Turcs à Candie (en Crête) pour aider les Vénitiens à défendre leur île.
En 1669 : il fit voile vers la Crète, mais il ne tarda pas à se quereller avec les autres officiers supérieurs de l'armée vénitienne. Cela lui attira vite le mécontentement et la méfiance du capitaine général, Francesco Morosini, l'un des plus grands soldats de l'Europe. En septembre, congédié du service de Venise, il recevait de Morosini l'ordre de quitter l'île.
En avril 1672 : à l'âge de 50 ans, Frontenac est promu gouverneur général de la Nouvelle-France.
En juin 1672 : il embarque (sans sa femme) à La Rochelle pour accomplir son premier mandat de gouverneur (de 1672 à 1682). Si le salaire attaché à ce poste étaient vraiment maigre pour un homme ayant les habitudes de Frontenac, cette charge rendait d'avance inutiles les tentatives de ses créanciers pour saisir ses biens, car, en même temps que sa nomination de gouverneur général, il obtenait une ordonnance du Conseil d'État qui levait la saisie dont ses biens avaient été frappés et lui accordait un sursis quant à l'obligation légale qu'il avait contractée de rembourser ses dettes. Cette façon de procéder n'était pas inusitée dans de telles circonstances, et aucune flétrissure ne découlait de l'état de banqueroute où se trouvait Frontenac.
Le projet le plus illustre durant ce premier mandat a eu lieu au début, il s'agit de la découverte du Mississippi par Louis Jolliet et par le père Jacques Marquette. Mais un complot mené contre Frontenac par un sous-ministre français désireux de prendre le contrôle de la traite des fourrures entraîne en 1682 son rappel vers la France.
En octobre 1689 : à l'âge de 67 ans, après un interrègne de sept années, le comte Frontenac revient en Nouvelle-France. Il fait réoccuper d'urgence le fort qui porte son nom (lequel avait été capturé par les Anglais) et fait exécuter des travaux de fortification à Montréal, à Québec et sur les côtes.
voir vidéoEn 1690 : Frontenac organise contre les Anglais trois batailles le long du Saint-Laurent : à Ville-Marie, à Trois-Rivières, et à Québec. Les Anglais ripostent par mer et par terre avec le soutien des Iroquois, sous les ordres de l'amiral Phipps. Ces derniers sont défaits devant Ville-Marie et se débande sur le lac Champlain. Mais l'énorme flotte de Phipps remonte le fleuve et vient assiéger Québec le16 octobre 1690. Frontenac, prévenu à temps, organise en hâte la résistance. Phipps a à peine jeté l'ancre qu'il envoie à Frontenac un parlementaire portant une sommation. Celui-ci présente un ultimatum, au nom de Guillaume III et Marie, roi et reine d'Angleterre qui l'invite à se rendre sans combat et se réservant le droit de lui pardonner. Il lui donne une heure pour prendre sa décision. Frontenac répond sans délai : "Je ne connais pas le roi Guillaume, usurpateur qui a violé les droits les plus sacrés du sang en voulant détrôner Jacques II, son beau-père; quant à votre général, qu'il sache que je n'ai pas de réponse à lui faire que par la bouche de mes canons et à coups de fusil; qu'il apprenne que ce n'est pas de la sorte qu'on envoie sommer un homme tel que moi et, quand je voudrais me rendre, tous ces braves officiers que vous voyez n'y consentiraient jamais."
Deux jours après, les Anglais attaquent. Après trois jours de siège, ils sont repoussés vaillamment par les Canadiens et un froid glacial. Phipps se résignera à rentrer à Boston. Québec était sauvée!
Quelque temps après, on avise Frontenac que la paix entre la France et l'Angleterre avait été signée. La guerre était enfin finie et Frontenac avait réussi avec succès à protéger la Nouvelle-France des attaques ennemies.
Monnaie frappée sous Louis XIV en mémoire de la victoire de FrontenacLa victoire de Frontenac fut célébrée avec éclat en Nouvelle-France ainsi qu'en France où elle fut commémorée par une médaille*. L'avers de la médaille montre Louis XIV, de profil, et porte l'inscription latine "Ludovicus magnus rex christianus" (Louis, le grand roi chrétien). Le revers représente un personnage allégorique foulant à ses pieds le drapeau anglais. À sa gauche, on voit un castor, tandis qu'à sa droite une autre figure symbolique appuyée sur une urne représente le fleuve Saint-Laurent. En exergue, on peut lire : "Francia in novo orbe victrix" (la France victorieuse au Nouveau-Monde) et au bas, "Kebeca Liberata MDCXC".
*Cette même médaille sera frappée à nouveau en 1967 et remise à la population du Québec par le général Charles de Gaulle, président de la République française, lors de sa visite historique à l'Exposition universelle de Montréal.
En 1697 : la paix est signée entre la France et l'Angleterre (traité de Ryswick). La paix revint, le vieux gouverneur continua son travail. Ses projets d'expansion de la Nouvelle-France sont facilement entérinés par Paris. Mais il se retrouva à nouveau en conflit avec les autres autorités de la colonie et tout semblait indiquer qu'il serait de nouveau rappelé en France. Toutefois, avant que Paris ait eu le temps d'agir, Frontenac tomba malade à l'automne de 1698.
Le 28 novembre 1698 : Frontenac meurt à Québec, à l'âge de 76 ans. Il est inhumé en l'église des Récollets.
Recherche: Diane st-Julien
Quelques monuments à sa mémoire au Canada
 
Une statue de bronze sur la façade gauche de l'édifice de l'Assemblée nationale à Québec
Un buste dans la cour de l'hôtel du Château Frontenac à Québec
Un buste au Monument aux Valeureux à Ottawa
Une peinture intégrée dans La Fresque des Québécois, œuvre murale en trompe-l'œil peinte sur le mur nord de la maison Soumande de la Place-Royale à Québec
En Amérique du Nord Frontenac est très présent dans la toponymie
Le gouverneur de la Nouvelle-France donne son nom, entre autres, à :
- deux comtés (en Ontario et au Québec)
- six villes des États-Unis (en Floride, en Illinois, au Kansas, au Missouri, au Minnesota et dans l'État de New York)
- à deux parcs nationaux du Canada (au Québec et en Ontario) et à un parc national aux États-Unis dans le Minnesota
- de nombreuses rues dans les villes canadiennes (à Montréal, Québec, Ottawa, Gatineau, Trois-Rivières…)
- une station du métro de Montréal
- et au célèbre Château Frontenac de Québec.
Recherche: Diane st-Julien
Et dans son pays natal ...
À Saint-Germain-en-Laye, deux lieux discrets portent le nom de Frontenac (mais malheureusement aucune rue) :
- une école maternelle
- un carrefour forestier (difficilement accessible et sans aucun panneau) dans la forêt de Saint-Germain (" Étoile de Frontenac ")
Par la bouche de nos crayons...
Rue de Frontenac"Rue Frontenac" était un journal électronique québécois né pendant lock-out du Journal de Montréal. Il a été publié (du 24 janvier 2009 au 1 er Juillet 2011) par les ex-employés du Journal de Montréal dont l'immeuble est situé sur la rue Frontenac.
Note : Ange Pasquini
Nos références
http://www.mef.qc.ca/FRONTENAC.htm
http://fr.wikipedia.org/wiki/Louis_de_Buade_de_Frontenac
http://www.thecanadianencyclopedia.com
http://pagesperso-orange.fr/frontenac/Antoine.htm
http://cyberacadie.com/index.php?/l-Acadie-d-hier/Louis-de-Buade-Comte-de-Frontenac-et-de-Palluau-Gouverneur-de-la-Nouvelle-France.html
http://frontenac.ameriques.free.fr/biographie-de-frontenac.php
http://www.prosipal.org/Frontenac.html
Adresses d'intérêt patrimonial
 
 
 
Iconographie
Buste de frontenac
Fac similé de sa signature
Journal de Montréal
Mis à jour le : 19-feb-15
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